|
Les
dossiers
LES DONATIONS
Bien pratique pour aider les enfants ou les petits enfants à s'installer,
les donations permettent de transmettre des biens dans des conditions fiscalement
avantageuses.
Dans la très grande majorité des cas, les français se marient sans contrat de
mariage particulier. Il en résulte, si vous n'avez pas d'enfant que vos frères
et sœurs, vos neveux et nièces, vos parents ou grands parents deviennent vos
héritiers (cf : la transmission du patrimoine). Dans ces conditions, votre conjoint
n'a souvent droit qu'à une part minime. Si vous avez des enfants, ce sont eux
qui hériteront. Seuls propriétaires de votre patrimoine, chacun de vos enfants
est en droit d'exiger sa part, quand bien même cela devrait conduire à la vente
du bien...
Protéger le conjoint survivant
Sans déshériter vos enfants, trois solutions permettent d'éviter cette situation.
Vous pouvez donner à votre conjoint une part de vos biens en toute propriété.
Si vous avez un enfant, cette part sera de la moitié, si vous avez deux enfants,
cette part sera d'un tiers et si vous avez plus de deux enfants, elle sera d'un
quart. Autre possibilité, vous pouvez laisser à votre conjoint l'usufruit de
tous vos biens. Il conservera la jouissance de tout ce qui vous appartenait
sa vie durant, vos enfants ne pouvant exiger que les biens soient vendus sans
son accord. Enfin, et quelque soit le nombre d'enfants, vous pouvez également
laisser à votre conjoint la propriété d'un quart de vos biens, et l'usufruit
des trois autres quarts, ce qui empêche vos enfants d'exiger leur part au décès
du premier des époux.
Donation à ses enfants
Au delà de la protection des intérêts du conjoint survivant, il est possible
de faire une donation à ses enfants ou à certains d'entre eux. On distingue
la donation en avancement d'hoirie. Il s'agit d'un acompte sur une succession
future dont il est tenu compte au décès des parents pour rétablir l'équilibre
entre les enfants. La donation par préciput qui consiste en un avantage donné
à un enfant par rapport aux autres. Dans ce cas, les parents ne peuvent avantager
un enfant que dans les limites de la "quotité disponible". Enfin, la donation-partage
qui est recommandée chaque fois qu'elle est possible. Chacun des enfants reçoit,
par un seul et même acte, des biens de valeur égale. Les attributions ne seront
pas remises en cause au décès des parents, quelles que soient les variations
ultérieures de valeur de ces biens.
Les aménagements de la donation :
Faire une donation, cela ne revient pas à ce déposséder. Une donation avec réserve
d'usufruit permet aux parents de conserver la jouissance des biens donnés, d'habiter
la maison, encaisser les loyers d'un appartement ou les revenus d'un portefeuille
de valeurs mobilières. Autre possibilité : le droit de retour. Si le bénéficiaire
des dons décède sans postérité avant ses parents, les biens donnés leur reviendront.
Enfin, une donation peut être assortie de charges. Par exemple le versement
d'une rente viagère aux parents ou l'obligation de les loger. En cas de non
exécution des conditions imposées dans la donation, les parents pourront révoquer
la donation, c'est-à-dire demander l'annulation de la donation et récupérer
le bien donné.
Avantage fiscal :
Les donations (simples ou donations-partages) quel que soit le lien de parenté
entre le donateur et le bénéficiaire de la donation bénéficient d'une réduction
de 30% si le donateur a plus de 65 ans et moins de 75 ans et de 50% si le donateur
a moins de 65 ans. De plus, si elles sont faites par un grand parent au profit
de petits-enfants, elles bénéficient, outre la réduction ci-dessus évoquée,
d'un abattement de 100.000 francs. Autre avantage, le bien donné est évalué
à la date de la donation. Les plus-values prises par le bien à dater de la donation
échappent donc à l'impôt ! De plus, cette valeur est encore diminuée de la valeur
de l'usufruit soit 10, 20, 30 % ou plus selon l'âge des parents lorsque ceux-ci
se réservent la jouissance (l'usufruit) du bien donné. Or l'usufruit n'est pas
taxable au décès des parents…
Les parents qui font une donation peuvent prendre à leur charge les frais de
cette donation (frais d'acte et éventuellement droits de succession). Cet avantage
ne sera pas considéré comme une donation complémentaire. Surtout, les enfants
pourront bénéficier plusieurs fois de l'abattement fiscal de 300.000 francs.
En effet, il est possible à chaque parent de transmettre à chaque enfant des
biens de toute nature, jusqu'à 300.000 francs tous les dix ans. Ainsi, un parent
peut transmettre jusqu'à 600.000 F à chaque enfant, en franchise totale de droits
de succession.
Donation entre vifs, frais de notaire
Donation acceptée
| Part des biens donnés |
pourcentage hors TVA |
de 0 à 20 000 F
de 20 000 à 40 000 F
de 40 000 à 110 000 F
plus de 110 000 F
|
5 %
3,30 %
1,65 %
0,825 % |
| Donation entre époux Part des biens donnés |
pourcentage hors TVA |
de 0 à 20 000 F
de 20 000 à 40 000 F
de 40 000 à 110 000 F
plus de 110 000 F |
3,333 %
2,20 %
1,10 %
0,55 % |
|